dimanche 17 janvier 2010

Fracture



Ceux qui me connaissent le savent: je réfléchis beaucoup. Le problème, c'est que mon cerveau finit par prendre le dessus en termes de créativité. Tout se passe là-haut, et peu se passe dans le reste du corps. Il y a une certaine déconnexion entre la tête et le reste. Je suis consciente de cette caractéristique, mais elle a été particulièrement mise en lumière lorsque j'ai executé un exercice de jeu devant un des acteurs du théâtre. Il s'agissait, pour cet exercice, de parcourir l'espace d'un point à un autre ; une fois en explorant l'espace sur un mode comique, et une fois sur un mode tragique. Il fallait explorer ce que ça voulait dire de marcher "comiquement" et "tragiquement" dans l'espace: se soucier de la ligne, du mouvement, de l'espace, de la texture, de la couleur, du rythme. Explorer toutes les facettes du mouvement, de la relation du corps avec le sol, avec le plafond, avec l'air. Exercice difficile.

Mon spectateur-professeur (Bill) n'a pas dit grand-chose sur ma marche tragique. Mais par contre, la marche comique! Elle était contrôlée par ma tête. Une marche droite, un seul rythme, quelques coupures mais peu de changements de tempo. Ce n'était pas, en soi, une marche ratée, mais je ne m'étais pas donnée le loisir d'explorer toutes les possibilités. Je n'ai fait que penser à cette marche, plutôt que de la ressentir, et de me laisser aller dans l'exploration.

Bill m'a donc dit de me concentrer sur la pensée instinctive, émotionnelle. Le truc c'est que je sais qu'elle existe en moi. Je me souviens, petite, que j'avais une compréhension physique des choses. Quand j'ai commencé à jouer au théâtre, vers 10 ans, je ne réfléchissais pas. Je faisais. Et puis, avec chaque année, l'action était chaque fois plus teintée par la reflexion, puis carrément remplacée par elle. Jusqu'au jour où j'ai finalement arrêté de jouer régulièrement. Et j'ai commencé plus sérieusement à écrire. Coincidence?

Zach et moi préparons maintenant notre spectacle. Touchstone permet tous les ans aux apprentis de travailler par eux-mêmes pour aboutir sur des créations originales présentées dans le théâtre pour deux soirées en fin février. On vient de commencer à travailler. Je ne sais pas encore ce qui va ressortir des répétitions, mais je sais que je vais tout faire pour rétablir un certain équilibre entre mon cerveau et mon corps en mouvement.


mardi 5 janvier 2010

New Year post

New Year's resolutions? I probably have some unformulated, unsubstantiated wishes swimming around in the swampy lands of my brain. But I have also recently bluntly discovered that it's best not to rely on illlusions to go forward. So my best resolution this year is to solve problems and deal with issues as they come, whether they come from inside me or from the outside.

One thing for sure, this last year has taught me enormous amounts on both professional and personal fronts. I feel like I'm in a whirlwind of learning, and, to be perfectly honest, it is more painful than it is exhilirating. But I'm hoping that the exhiliration will kick in eventually, or at least that the hard road I'm taking will not lead to regret.

I remember last year, on the 31rst of december, I was in a train on my way to Normandy for a party. I decided to write about my year, and couldn't find many positive things to say. 2008 had sucked, in many respects. I had not found my footing in Paris, I had nearly failed my first year of masters, I was overcome by procrastination and light depression, I had had a few nervous breakdowns (I think bursting in tears and screaming in a cinema because you lost a dvd can constitute some sort of nervous collapse)... and I had few positive successes to make up for all that negative stuff.
This time around, I was on a plane on the last day of the year, so I also had time to reminisce. 2009 had gone so much better, it was amazing how different one year could be compared to another. And although I wasn't in the best spirits on the 31rst of this year, I was not beaten. I felt I still had some resources to fight and live, because my self-esteem was back with a vengence. In 2009, I have started to learn the meaning of the expression "pulling yourself by your bootstraps": I saved my dissertation (ie. I really started working on it), I applied for dream jobs and got the one I wanted most. I put myself in positions where I could meet people who inspired me. That doesn't mean 2009 was a rosy year, all happy and cheery. I have been hurt, disappointed, bereaved. But, because I trust myself, I'm not crushed. And because I trust myself, I learn.
"Living" and "learning", aren't they, in the end, synonyms?
Therefore, I wish to all of you gentle readers health and self-esteem for 2010!
Happy New Year!

jeudi 17 décembre 2009

Life's teaching style

There's something to be said about starting your professional life... some things good, some things bad. Somehow, when I envisioned my life, I skipped the whole "apprentice' part... the part where you learn your trade after school but where you're definitely not accomplished by any stretch of the imagination. Because school, as it turns out, is only part of the whole learning experience. I know! Who could have guessed, right? And life then turns out to, sometimes, all the time actually, teach you the lessons. But not in the orderly way of school. I would characterize life's teaching style as rather more nerve-racking. Much more stimulating, too, sure, but definitely very nerve-racking. Or is it just me?

mercredi 2 décembre 2009

Théâtre et financement: voilà ce qui arrive quand Anne ne lit pas que des romans

Je crois que je vais écrire un bien long message, parce que le thème me tient à cœur, et parce que, comment dire… je suis inspirée. Mais, merde, Anne ! De quoi veux-tu parler, exactement ?
Du théâtre (pour changer…) et de son financement (Ah ! là, d’accord, oui, un peu plus surprenant).

Je suis en train de lire un livre très stimulant ces jours-ci, Creating a World Without Poverty, de Mohammad Yunus (aussi traduit en français). Pas de rapport direct avec le théâtre, mais avec tout le reste : comment réfléchir pragmatiquement pour trouver des modes durables de financement pour aider les populations pauvres à s’en sortir. Et plus généralement, comment faire preuve de créativité pour résoudre des problèmes a priori insolubles.
(note : Yunus et la Grameen Bank – prix Nobel de la Paix en 2006.)

Peut-être que les personnes de mon entourage qui s’y connaissent en économie et en
« development studies » auront quelque chose à redire sur les théories Yunus, mais je dois avouer qu’en tant que simple lectrice ayant eu pour initiation économique les cours de 2nde, 1ère et Terminale de Mrs Robat (prof assez géniale), je suis conquise. Pas toujours complètement d’accord, et assez souvent dubitative sur la façon dont toutes les institutions Grameen sont financées (et génératrices de profit), mais conquise quand même. Le pragmatisme optimiste de l’auteur est contagieux.

Pour résumer, Yunus est un professeur d’économie du Bangladesh qui s’est improvisé
« banquier pour les pauvres » quand il s’est rendu compte que les populations pauvres et rurales de son pays étaient ignorées par les services financiers. En effet, lorsqu’on est trop pauvre, impossible d’emprunter, et donc aucun moyen de financer des projets, aussi modestes soient-ils. Donc Yunus s’est mis à réfléchir à un système de prêt adapté, ce qui a conduit à l’émergence du concept de microcrédit. Le système s’est crée pour répondre aux besoins de la population, et pas l’inverse. La première institution qui s’est développée à partir de cette idée de microcrédit était la Grameen Bank. Maintenant, il ya une ribambelle d’entreprises et d’institutions affiliées qui ont toutes « Grameen » dans leur nom, mais qui couvrent un vaste champ de besoins et de services. Toutes sont aussi censées avoir comme préoccupation centrale d’aider et de servir les populations à risque, plutôt que de les arnaquer.

La pensée particulièrement stimulante de Yunus, c’est de dire que les pauvres peuvent se servir eux-mêmes si on leur donne la possibilité de le faire. Plutôt que de considérer les populations pauvres comme étant irresponsables et indignes de la confiance des plus riches, Yunus stipule que les pauvres sont tout simplement privés de l’opportunité de s’enrichir, dans tous les sens du terme. Et quand il parle d’opportunité, il ne parle pas simplement d’argent, mais d’un tremplin qui permette à chaque personne de prendre confiance, et de trouver la force d’innover.

Yunus questionne, interroge et finit par défier le concept de charité, en disant que ce n’est pas quelque chose de très efficace : l’argent fini par être avalé par les institutions au service d’un seul projet, alors que cet argent pourrait être utilisé pour un projet puis réutilisé pour autre chose si seulement le capital était investi au lieu d’être légué. En plus, lorsqu’une institution bénéficie de fonds caritatifs, elle a moins besoin d’être compétitive, puisque la façon dont elle est financée ne dépend pas du marché. En plus en plus, les bénéficiaires de l’argent caritatif sont très souvent passifs au lieu d’être activement en charge de leurs destins, de leurs carrières et de leurs familles.

Ce que Yunus encourage, c’est un modèle qui se détache du modèle caritatif pour flirter avec la compétition de marché, sans toutefois considérer le profit financier comme seul but de la démarche. Ce qui nous amène au « social business », traduit par « business social » (j’adore les traductions qui n’en sont pas !). En gros, un business social est une entreprise qui génère suffisamment d’argent pour s’auto-financer, mais qui ne fait pas plus de bénéfices pour enrichir ses investisseurs. Car ses investisseurs ont accepté de ne récupérer que l’argent qu’ils ont investi, sans profit. Mais ils n’ont pas accepté de simplement donner leur argent : ils comptent bien le récupérer, après un certain nombre d’années. Une fois récupéré, ils peuvent réinvestir l’argent dans la même entreprise s’ils le souhaitent (mais sans obligation). Ce modèle de business social veut voir tous les participants tirer leur épingle du jeu. Bien sûr, les investisseurs ne sont pas là pour s’enrichir, mais ils contribuent sans perte à aider d’autres personnes à sortir de la précarité.

Tout ça pour en venir au théâtre…

La question qui revient sans cesse, partout, tout le temps, quand on travaille dans un théâtre, c’est :
« Comment faire pour financer tout ça ? »

De cette question générale surgissent des questions particulières :

1. « Comment trouver suffisamment d’argent pour mener à bien un projet ? »
réponse courante en France : « envoyer des dossiers de subventions publiques », et, plus rarement, mais quand même de temps en temps : « demander de l’argent à des institutions privées » et aussi : « utiliser les recettes du spectacle précédent s’il en reste pour un nouveau projet ».

2. « Comment payer les artistes ? » réponse : « comme on peut, avec le peu qu’on a. Parfois, ne pas les payer et se contenter de les défrayer ».

3. « Comment payer les administrateurs ? » réponse : « le plus souvent, chercher des stagiaires qui ne coûtent pas cher, et possiblement établir un contrat en CDD pour une période plus ou moins longue ».

4. « Comment avoir l’assurance que l’on pourra entamer un nouveau projet ? » réponse : « pas d’assurance, le théâtre est un métier risqué ».

Toutes ces questions-réponses ont comme même refrain celui de la précarité. On n’est jamais sûr de pouvoir avancer, donc on ne peut pas se concentrer à 100% sur la tâche principale, qui est celle de faire du beau et stimulant et magnifique théâtre.

Alors, bien sûr, il ne s’agit pas, dans le cas du théâtre, d’éradiquer la pauvreté dans le monde. Le théâtre n’est pas quelque chose dont on a absolument besoin. On peut s’en passer, mais on peut aussi s’enrichir à son contact (ou s’emmerder, mais chut, faut pas le dire). Etant donné que je passe le plus clair de mon temps à promouvoir le théâtre et à le servir, je suis persuadée que cet art est utile pour la société, même si pas fondamentalement nécessaire. Mais je me heurte à l’éternel problème du financement.

Pourquoi ne pas tenter de s’écarter du modèle caritatif (subventions publiques) pour se rapprocher d’un modèle de business social ? Une sorte de troisième voie entre le théâtre public et le théâtre privé… Je ne dis pas qu’on ne pourrait pas commencer par avoir des fonds légués par une institution, mais avoir comme but dans le moyen terme d’être auto-suffisant, et petit à petit, de générer suffisamment de profit afin de réinjecter de l’argent dans de nouveaux projets, et attirer des investisseurs « sociaux ».

Si c’était aussi simple, je ne serais pas en train d’écrire toutes ces âneries (ou anneries, c’est comme vous voulez) à 1h30 du mat.
Et là, il est temps que je vous renvoie aux posts de Christopher Ashworth (en anglais)
http://chrisashworth.org/blog/2009/10/14/toward-a-new-funding-model-for-theater/
et
http://chrisashworth.org/blog/2009/03/15/theater-economics/ ,
qui sont assez beautiful, si je puis me permettre cet englishism.

Et oui, le théâtre est un art anti-capitaliste parce que si cher à fabriquer, et si difficile à vendre en masse.
Donc, conclusion, on ne peut pas vraiment compter sur la vente du produit fini pour permettre aux artistes de manger ou, rêvons un peu, de mettre de la margarine dans la mâche (parce que les épinards, c’est vraiment du luxe, les gars).

Donc… il faut penser le théâtre comme quelque chose de plus général qu’un spectacle. Il faudrait penser le théâtre comme plus qu’un simple divertissement. Il faudrait penser le théâtre comme une expérience qui vaut la peine (et l’argent) d’être vécue : une expérience dans laquelle les personnes plus aisées auraient vraiment envie d’investir, et de laquelle les plus pauvres ne seraient pas exclus.

Une des solutions proposées par Chris Ashworth, c’est de créer une tarification à mi-chemin entre la souscription traditionnelle théâtrale (120 euros pour les 4 spectacles de la saison d’un théâtre) et l’abonnement à un magazine (15 euros par mois pour un hebdomadaire). Ou, en fait, plus simplement, de copier l’idée de la carte UGC, mais adaptée au théâtre. L’idée serait d’avoir un prix net par mois pour les adhérents avec la possibilité de voir tous les spectacles proposés, et, en bonus, d’être inclus dans le processus artistique. Par exemple, avoir le privilège d’assister à une répétition, ou de participer à un atelier. Les artistes sont obligés de passer par la case « développement » pour mener à bien le spectacle, donc pourquoi ne pas partager, ne serait-ce qu’un peu, ce processus ?

Mais le problème, mademoiselle, c’est qu’une petite troupe de théâtre ne peut pas humainement proposer un spectacle par mois, et encore moins plusieurs…
A cela je réponds : en effet, l’idéal, ce serait de rassembler pleins de petites troupes, pour que l’union fasse la force. A Paris, cette union pourrait être explosive (au sens positif) parce qu’il y a une offre fulgurante, et qu’avec ce système d’abonnement, les mordus de théâtre pourraient aller voir pleins de spectacles, et soutenir plusieurs compagnies avec un même abonnement (qui serait plus élevé, selon le nombre de spectacles proposés, peut-être ? Ou bien il pourrait y avoir plusieurs types d’abonnements ?).
Malheureusement, ce rassemblement paraît bien utopique, puisqu’à l’heure actuelle, les petites troupes sont très divisées, et se battent entre elles pour les financements et les salles. Aux Etats-Unis, les théâtres indépendants régionaux se mobilisent de plus en plus ensemble, comme en témoigne l'association NET - Network of Ensemble Theatres - : http://ensembletheaters.net/

Mais, si cette tarification n’est pas encore au point, elle pourrait le devenir, ou quelque chose dans ce genre là. En tout cas, c’est sûr qu’il faut revoir le concept « théâtre » et le lier davantage à la communauté, à la population, le réinvestir de son qualificatif d’art vivant.

Et les pauvres dans tout ça ?
Quand on s’aide soi-même, on peut mieux aider les autres. Un théâtre qui est sorti de la précarité accumule peu à peu les ressources pour établir des programmes d’éducation théâtrale pour les enfants, adolescents et adultes, et peut transmettre durablement la joie du jeu et de l’imagination.
Il est donc urgent d’allier la créativité du processus à celle du spectacle et à celle du financement…

PS : Je sais qu’il y a pleins de choses qui manquent dans ma réflexion, qui ne sont pas logiques… par exemple, la taxation : c’est plus profitable d’être une association loi 1901 parce qu’on est pas taxé, mais en même temps, il y plein de freins à la croissance. Une assoc’ 1901 ne peut que lever des fonds un certain nombre de fois par an, par ex.
Sinon, aussi, le statut des intermittents assure une certaine stabilité… oui, mais, acquérir un statut d’intermittent, c’est pas gagné (on m’a déjà expliqué comment fonctionne le système d’intermittent, mais j’oublie à chaque fois) et les petites compagnies n’ont souvent pas les moyens de payer le cachet du comédien, donc les plus petites structures restent précaires…

PPS : Ce n’est pas parce que je parle de financement du théâtre que je ne suis pas choquée par le débat sur l’identité nationale. Peut-être que j’arriverais à articuler mes pensées dans un post. Tout ce qui me vient à l’esprit pour l’instant, c’est qu’il faudrait trouver une façon médiatique agressive (via internet ?) pour combattre cette idée d’une identité française uniforme, sans tomber dans le cliché de la France « Black-Blanc-Beur »… quelque chose dans le genre : « l’identité française n’est pas prête à être casée », ou autre chose de plus inspiré, quelque chose qui sonne et qui détonne… des idées de slogan ? C’est vrai qu’un slogan ne résout pas tout, mais devant la machine médiatique qu’est Sarkozy, j’ai le sentiment qu’il faut parfois utiliser ses propres armes pour le combattre…

dimanche 29 novembre 2009

Oklahoma

Je ne devrais pas écrire en français, mais c'est la langue qui me vient maintenant. Pourtant, c'est de mon grand-père américain dont je veux parler. C'est lui qui vient de partir.

Je suis allée en Oklahoma ce week-end, pour Thanksgiving. On fêtait les 90 ans d'une de mes grandes tantes, Aunt Marie. J'ai pu rencontrer des membres de ma famille dont j'ignorais jusque l'existence, et je suis éblouie par le pouvoir de ce qu'on appelle "famille". Des personnes ont beau ne pas se voir, ne jamais se voir, il y a quand même quelquechose qui les lie. Pas forcément un lien du sang, parce que les familles se nouent aussi par alliance et par adoption. Mais il s'agit d'un lien qui dépasse l'individu, qui voyage de génération en génération. Si quelqu'un connaissait ma grand-mère, connaissait ma mère, alors, ce quelqu'un me connait, un peu. Si quelqu'un connait ma cousine, et que je suis aussi sa cousine, alors, on est cousines. On ne se connait pas, mais on peut commencer la relation quelque part. En tout cas, ce quelqu'un m'accepte. C'est assez fort, mine de rien.

Ok, English now.
I had never been to Oklahoma, that I remember, so this trip was a first. Although I hadn't been there geographically, I had heard of Oklahoma from different family members. From my grandparents, first of all. Oklahoma was the place where they spent their childhood, and their years as young adults. Oklahoma was the home land. That arid farmland, those endless plains. Now I understand. When we were sorting out my grandparent's belongings when they moved from their house in Richmond, I came across this picture of my grandmother, who couldn't have been more than 6 years old, with her brothers. It's a brown and white picture, but you can still tell that the kids are squinting because of the harsh sunlight. They are barefoot in a dusty garden. My grandmother has a short cotton dress, and my great-uncles are wearing pants and suspenders, and scruffy shirts. Oklahoma farm kids. The dusty soil, and the incredibly bright light. Now I understand.
I remember my mom fondly talking about her paternal grandmother, and I can now imagine how her accent could have sounded. I remember my grandfather talking about the landscapes, and now I have seen them. It wasn't planned, but going to Oklahoma has made sense in the grand scheme of things. As my grandfather passed away, I finally discovered where he came from.







We stopped by OBU, Oklahoma Baptist University, which is basically the family university. My grandfather went there, my mother too, as well as most of my uncles. I heard great things about OBU from my grandfather, since it's the place where he was able to access to higher education, and think about becoming a pastor. It's also the place where he met my grandmother, who was also a student there. I didn't hear such great things about OBU from my mother, or some of my uncles, but - good or bad memories - it remains the place where most of my american family was educated. And when I see the results, I'm thinking that, either they were able to recover from that experience, or OBU taught them some valuable things along the way.





We also made it to Thomas, my mother's birthplace. When I think that she comes from that little town, in the southwest of the USA, I feel slight vertigo... to see where she is now, in Paris, France (and not Paris, Texas - which wouldn't be so far from Thomas!). I'm starting to understand more clearly what she means when she says that she has had "several lives".







And to finish off this Oklahoma hommage, here are a few other photos I took during the trip...
... of my sister on the phone with my mom in Shawnee



... of the old Santa Fe train line sign ( rail no longer in service, unfortunately)



... of the Oklahoma-city skyline.

vendredi 13 novembre 2009

Yes, ok, I do like teaching

Ok, ok, I'll finally admit it: I like teaching. Not just to make an extra buck (tutoring), but just because I like it. That's the scoop.
With Touchstone, I'm involved in education programs where we use theatre as a learning tool. We are currently working with a group of middle-school and high-school kids who have various issues - psychological problems, not able to deal with authority, depression, stuff like that. They really seem to enjoy the course so far. They're responsive, and come up with very interesting ideas, thoughts and confessions. I think we definitely lucked out with our group this year, since all the kids are surprisingly cooperative, but I also think that it has a lot to do with the program's approach. Vicki, Touchstone's education coordinator, is a very calm and tolerant person, and she's the one who structured the course.
During the first few weeks, many theatre games are introduced to encourage group solidarity, listening and responding. Little by little, elements of acting and performance are incorporated in the program, allowing the kids to finally share their own creative works in a showcase at Touchstone theatre. The aim of the program is to get those kids to work together, to help them communicate with each other in a positive way.
By doing this, I'm realizing how important it is to give people - and kids in particular - a chance to express themselves, and a space where they can be taken seriously. And sometimes, school isn't the place where that's going to happen: because there are many kids in a class, there's a curriculum to follow, etc. That's why programs offered by people from the outside, like the ones Touchstone is offering, are so important. It's a way for society at large to say that it cares about these kids beyond the institutional structure of the school. It's also a way for kids to see that they are worthy and smart even if they're not getting good grades.
I wonder how this program would translate in a French school. I'm really very curious about that. Since the French system is so much stricter, so much more regimented, the kids would probably need a time of adaptation. They would have to be assured and reassured that it's okay to express their ideas, it's okay to get up on their feet to play silly games. They would also be told that the program wouldn't be graded, they wouldn't be judged.
I think that such a program would be very beneficial in a french setting, especially for the kids who feel rejected by the school system (and there are many!). There must already be some similar initiatives in France, in banlieue schools or elsewhere, but I'm just not aware of them. Getting information about stuff like that on the internet is not so easy. A lot of actors in Paris supplement their income by doing educational stuff, and also working in prisons, but I don't know how they actually get the jobs... I wonder if there's a structure that organises those missions, or if it's disorganised, "au petit bonheur la chance"... if someone knows something about this, feel free to comment!

jeudi 5 novembre 2009

reconciliations on an opening night

Man, so many things to say! I feel like I should break up all my thoughts into different blog posts, to make everything look neater and less scattered. But I don't think that's what's going to happen. I'll just blurt all the thoughts out and see how that works.
I guess I should start by saying that I'm in the Touchstone offices writing this blog post while the first run of The Tempest is going on. The reason I'm not watcching it is because the house is packed with audience members! And that's pretty exciting. I'll get feedback on the show later tonight, and I'll probably get to see it tomorrow.

This production has been a race for all involved. First and foremost, the actors: three actors playing the ten characters from The Tempest in a quite physical rendition of Shakespeare's play. I was slightly skeptical at first, because it's an abbridged version of Shakespeare, and I think one must always be a little bit weary of Shakespeare "adaptations". But the show really is good, and I'm not saying that only because I participated in making it happen. I saw the dress rehearsal, and I was drawn to the playful quality of the character changes, and the physical rendition of comedy.

It's strange how, once something finally happens, it doesn't really matter anymore how you got to that point. All that matters is that it's all good in the end. These last few weeks were a lot of work, but the memory of how hard we worked is already starting to fade in front of what has been accomplished. That's probably theatre's redeeming factor, and the reason practitionners continue on working their butts off: there's magic there, I'm sure of it.

Zach and I worked on set and costume, and on anything that needed to be done, and that no one else had time to do (mainly, paint, paint, paint). I think this show definitely has gotten us involved in the midst of the company, and we are now seasonned apprentices. I feel like I know the nooks and crannies of this place after having searched - in vain - for black spray paint, which I finally went and purchased at the hardware store. I also searched for fabric, trims, thread and costume pieces in the costume store. I also had a fit of frustration in front of a sewing machine, since I had no way of figuring out how to put the bobin in so that the damn thing would work ( I now know: you don't try to insert the bottom thread in the hole, it does it on its own once activated...!)
I then reconciled myself with sewing by finally figuring out how to use the damn machine, and sewing a belt for one of the costumes (it was a team effort: Lisa, the producing director came up with the design, and I came up with the stitches). I made countless stitches for multiple puppets serving as the spirit Ariel. I also filled condoms with beans to make bean bags that were then attached to light-weight fabric, in order for the fabric to fly from one end of the stage to the other when thrown by the actors. Creativity can be umpredictable!
I think Zach knows the nooks and crannies of the closest fabric store (Joann's) since we went to buy muslin there once, which didn't turn out to be good for the set, so he went back to get burlap, and I think he had already gone once to find samples.

We're learning, so we often have taken longer roads to the solutions, but, in the end, it all worked out, as it most often does. I'm exhausted, but happy (the happiness only kicked in today. Yesterday, I definitely had a different attitude about all things theatre-related).

On a totally different note, I went to New York last week-end, and it was pretty great to be in a city, I have to say. I realised at every step that I'm an urban girl at heart. And as I was sitting in the subway and on the bus, I almost felt like public transport really was my true home. I got to see two good Trinity College friends, and as we went to a bar in the middle of the afternoon, I realised some things never change: we were back in Dublin pubs, only this was Brooklyn, on a halloween day, and kids were coming into the bar, trick or treating. The bar tender offered a kid a shot, but he politely declined.
It's cliché to say this, but I really do feel a connection with New York. I may never live there, and if I don't, it won't be the end of the world. But if I ever do, I think I'd enjoy it.

Here are a few pictures:
In Brooklyn...



In Manhattan, China town, on a sunday afternoon/early evening...
Tai-chi lessons in a neighborhood park




Card playing and sports